George Hunka on Prometheus - landscape II
Mythology seeks to explain the world to us — and ourselves to ourselves — through character and narrative. In truth, of course, there are no gods: they place the original responsibility for the human condition beyond the human race itself. (Humankind continues to do so, as the prologue to Prometheus — Landscape II suggests, seeking for a hero outside itself, irreducible to psychology.) The three great Greek tragic dramatists slowly edged the gods from the center of their stage and, by the time of Sophocles and Euripides, placed them silent and in the wings. Prometheus Bound, however, a comparatively late tragedy attributed to Aeschylus, places the god Prometheus the Fire-Giver at center stage — immobile and bound, in Jan Fabre’s Prometheus — Landscape II, and suspended between the stage floor and the flies, spreadeagled, for the duration of the spectacle, and unlike Aeschylus’ god he speaks only once, at the very end of the narrative.

concept, regie, scenografie Jan Fabre
text I am the all-giver Jeroen Olyslaegers (based on Aeschylos' Prometheus Bound) & We need heroes now Jan Fabre
muziek Dag Taeldeman
assistentie, dramaturgie Miet Martens
performers Katarina Bistrovic-Darvaš, Annabelle Chambon, Cédric Charron, Vittoria De Ferrari, Lawrence Goldhuber, Ivana Jozic, Katarzyna Makuch, Lisa May-Fontaise, Gilles Polet, Kasper Vandenberghe, Kurt Vandendriessche

light Jan Dekeyser
costumes Andrea Kraenzlin
technical coördination tourArne Lievens
sound and video Tom Buys
technique Bern Van Deun
production leaderTomas Wendelen
speech coach Tom Hannes
voice coach Lynette Erving (Head of Voice and Speech Bristol Old Vic Theatre School)

productie Troubleyn/Jan Fabre (Antwerpen, België).
Met de steun van de Vlaamse Overheid.
in co-productie met Peak Performances @ Montclair State University (Montclair, USA), Théâtre de la Ville (Parijs, Frankrijk), Malta Festival (Poznan, Polen), Tanzhaus NRW (Düsseldorf, Duitsland), Zagreb Youth Theatre (Zagreb, Kroatië), Exodos Ljubljana (Ljubljana, Slovenië), La Biennale di Venezia (Venetië, Italië), Bitef Theatre Belgrade (Belgrado, Servië): als onderdeel van ENPARTS - European Network of Performing Arts, with the support of the Culture Programme of the European Commission

stagiaires Edith Cassiers (dramaturgie), Katarzyna Mielczarek (kostuums), Maja Zupancic (kostuums)

Apostolia Papadamaki (met steun van de Costopoulos Foundation)

NY Times
- "Brilliant visual effects!"
- "Prometheus shows the unabashed maximalism and relentless obsessiveness that make Mr. Fabre an interesting artist."
-" Jan Fabre is a monumental artistic personality. "

Village Voice: Deboraw Jowiit 2/2/2011
- "Mesmerizing."
- "greedy, conniving, jealousy, lying, lustful."
- "An inflammatory poetic text by Jeroen Olyslaegers, a repeated and variegated storm of words intend to sting our minds awake
- "Watching and listening to Fabres parable/spectacle is exciting, dizzying, infuriating, sometimes exhausting in its over-the-top furor.
-"Head still throbbing. I'd see it again in an instant!"

Le Monde
Le "Prométhée" déchaîné de Jan Fabre
E nvie de quelque chose d'énorme, besoin d'être sidéré ? Un seul nom encore et toujours : Jan Fabre. A l'affiche, jusqu'au 8 avril, du Théâtre de la Ville, à Paris, avec Prometheus-Landscape II, sa nouvelle pièce pour dix "danseurs", le plasticien et metteur en scène flamand joue les voleurs de feu pour incendier le plateau à grand renfort de briquets et de fumigènes. Avec odeurs de poils grillés en prime ! Heureusement, les pompiers des bonnes moeurs ne sont jamais loin, prêts à jouer de la lance, comme les cow-boys de leur lasso. Heureusement, un petit coup de vent et le feu aux fesses fait revivre au quart de tour les protagonistes de cette cavalcade effrénée autour d'un Prométhée en slip blanc écartelé à trois mètres au-dessus du sol.
Jan Fabre profite du mythe grec pour sonner une fois encore la charge contre une société aseptisée, vidée, qui éteint toute velléités de liberté et d'imagination. A celui qui créa les hommes et déroba le feu aux dieux pour eux, Fabre, qui signe avec Jeroen Olyslaegers le texte en anglais de ce spectacle plus théâtral que chorégraphique, renvoie l'image d'une civilisation défaite, dont les étincelles sont étouffées, dont les soubresauts de vie ont goût de cendre.
La démonstration n'y va pas avec le dos de l'extincteur, mais quelle splendide débauche d'énergie ! Qu'une femme tente de chanter à pleine gorge ou qu'un couple se saute dessus goulûment, c'est toujours le désir et le sexe qui sont les meilleurs vecteurs de chaleur chez Fabre.
Avec Prométhée, condamné pour son vol à être enchaîné nu dans les montagnes du Caucase et à se faire dévorer le foie pendant l'éternité par un aigle, Jan Fabre a trouvé un double héroïque à sa démesure, un alter ego qui le tire vers le haut. Sa grandiloquence instinctive se love avec bonheur dans les dédales de la mythologie grecque pour soutenir ses fureurs intimes et ses débordements. Folie, chair, cul : il a choisi son camp. Contre les dictateurs, les pisse-froid, les moralistes, représentés par une escouade de personnages tout en noir, Fabre pousse un coup de gueule et fait du plateau une caisse de résonance de sa hargne.
Le rire, heureusement toujours présent dans les spectacles de Jan Fabre, jaillit aux moments où l'on s'y attend le moins. Associations d'images cocasses (faire du feu en faisant rouler un morceau de bois entre ses mains ou se masturber en frottant son sexe de la même façon), délire, crudité... Sur des morceaux de rock, ces recettes de l'humour flamand sont souvent faites de grosses ficelles, mais elles tirent avec efficacité sur les zygomatiques.
Ce goût pour l'outrance n'empêche pas la gravité de l'emporter. Fabre semble parfois jeter une prédiction sur le monde et avertir tout un chacun d'un danger imminent. Avec ce talent inné pour le suspense, et l'hystérie qui monte, monte, monte, il fait planer une menace subtile pendant près d'une heure quarante.
Dans la foulée de L'Orgie de la tolérance (2009), qui prenait la main dans le sac l'obscénité et le cynisme ambiants, Fabre signe non seulement un spectacle saisissant mais aussi un manifeste pour la vie, son imprévisibilité, sa saleté, sa dinguerie.
Vendredi 1er avril, le public a résisté à l'onde de choc Fabre, avant d'applaudir à tout rompre. Comme s'il n'attendait que ça depuis longtemps.